A/ Meeting laïque mairie du XXe
Ce mercredi 7 décembre, se tenait un meeting organisé par l’Ufal
nationale, et soutenu par douze associations ou syndicats, sur le
thème « Célébrer et promouvoir la laïcité ». Tout au long de l’année,
la mairie du vingtième arrondissement et son maire, Michel Charzat,
ont multiplié les initiatives autour du centenaire, notamment l’ouverture
d’une maison de la laïcité. De même, l’Ufal et d’autres organisations
laïques ont multiplié, en région parisienne et dans toute le France,
des réunions d’informations et de débat pour préparer au mieux cette
commémoration.
De nombreux spectateurs attentifs étaient donc rassemblés, salle
des Fêtes. Après un mot de bienvenue du maire, rappelant son attachement
à la séparation des Eglises et de l’Etat, et son hostilité à toute
modification de la loi de 1905 telle que le conçoit le ministre
de l’Intérieur, les intervenants se succédèrent.
Marc Viellard, auteur du livre « Vive la laïcité », rappela, entre
autres, l’importance de 1789 dans le concept laïque, et montra la
différence entre le modèle anglo-saxon et la tradition républicaine.
Christian Lage et Yves-Henri Saulnier, du syndicat Snetaa (enseignement
professionnel) et de la Fédération EIL, firent la liaison entre
la laïcité, la formation professionnelle préparant le travailleur
de demain, et insistèrent, chiffres à l’appui, sur les impasses
du retour de l’apprentissage à l’âge de quatorze ans. « Fonds publics
à l’école publique », fut également judicieusement rappelé. L’exception
du statut d’Alsace-Moselle-Guyane-Mayotte fut condamnée.
Jocelyne Clarke, secrétaire générale de l’Ufal, expliqua, dans
un discours plein de punch, la liaison du combat social, laïque
et féministe. Elle montra toutes les attaques initiée par les intégristes
religieux subies par les femmes, qu’elles viennent de Pologne, des
pays islamistes ou d’ailleurs, sans oublier de démontrer pourquoi
les libéraux ont besoin de s’appuyer sur les religions pour remplacer
la solidarité républicaine par la charité religieuse. Elle fut longuement
applaudie à la fin de son intervention.
Marc Geniez, du SNCL, fit une intervention essentiellement axée
sur la loi du 15 mars 2004, expliquant combien elle était nécessaire
au bout de quinze années, et s’étonnant de l’absence d’engagements
de certains syndicats enseignants, voire de l’hostilité d’associations
de parents d’élèves. Il sut démontrer que ceux qui prévoyaient l’apocalyse,
après l’application de cette loi, se font tout petits, aujourd’hui,
devant sa réussite.
Pierre Cassen, qui animait la soirée, lut alors une lettre d’Azar
Majedi, présidente de l’organisation des femmes pour la liberté
en Iran, qui apporta de Londres son soutien à la soirée, en expliquant
l’importance de remettre la religion au sein de la sphère privée,
et de la combattre le rôle oppresseur qu’elle joue dans de nombreux
pays.
Arlette Zilberg, élue verte du vingtième arrondissement, membre
du collectif Laïcité Ecologie Association (Lea) fit la liaison entre
la laïcité et l’écologie politique. Elle sut montrer les dangers
du communautarisme, à Paris comme partout, et y opposa le « vivre
ensemble » dans une société sachant préserver l’avenir de son environnement.
Safia Lebdi, vice-présidente de Ni Putes Ni Soumises, émut beaucoup
la salle avec des mots simples, touchants, expliquant les raisons
de son engagement, et les motifs pour lesquelles une jeune femme
comme elle se battait pour la République, pour la mixité, pour l’égalité,
pour la laïcité, contre l’obscurantisme. Elle lança un véritable
appel au secours aux politiques pour que ce combat soit soutenu.
A Jean-Luc Melenchon, fondateur de Pour la République Sociale,
revint l’honneur de conclure les interventions. Avec beaucoup de
justesse, il sut trouver les mots pour s’adresser à quelques intervenants,
et remonter sur plusieurs anecdotes historiques pour montrer que
le combat pour l’égalité, indissociable du combat laïque, remonte
à loin en France, tout en rappelant la spécificité de la Révolution
française.
Cette conclusion historique, philosophique et politique compléta
remarquablement les précédentes interventions, dont chacun loua
la complémentarité.
Concluant la soirée, Pierre Cassen, remerciant les spectateurs
et participants, appela chacun à la manifestation du samedi 10 décembre,
et à poursuivre la mobilisation, car au-delà du centenaire, le combat
laïque devra continuer.
par Lucette Jeanpierre |